Congrès de l'Acfas 2014, une journée sur le TNI

Du 12 au 14 mai 2014 se tenait le 82e congrès de l'Association francophone pour le savoir (Acfas), organisme à but non lucratif contribuant à l'avancement des sciences au Québec et dans la Francophonie canadienne.

Plateforme par excellence pour la diffusion des résultats de recherche, de débats et d'échanges, le congrès annuel de mai a, entre autres, exploré la place du tableau numérique interactif (TNI) à l'école sous le thème: son implantation et ses impacts.

Deux présentations ont retenu notre attention :

1.  Vers la construction d'un modèle de Plan TIC et de développement professionnel continu, offerte par Nathalie Frigon et Carole Dallaire, de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.  Les animatrices présentaient les composantes de leur plan TIC et de développement professionnel, les éléments importants et les conditions qui favorisent l'implantation du TNI.

Voir la présentation prezi.

2.  L'optimisation de l'utilisation du TNI dans l'enseignement des mathématiques au primaire, offerte par Geneviève Allaire, Commission scolaire des Grandes-Seigneuries.

Enseignante au 3e cycle primaire à la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries depuis 2000, Geneviève Allaire a complété sa maîtrise, ayant pour titre L’optimisation de l’utilisation du tableau blanc interactif dans l’enseignement des mathématiques au primaire, en 2012.  Voici quelques écrits qu'elle a recensés au regard de l'utilisation du TNI. 

  • L’avènement du TNI en salle de classe s’inscrit dans un courant amorcé il y a fort longtemps, soit celui d’intégrer la technologie à l’école, sujet abondamment traité dans la littérature d’ici et d’ailleurs.
  • Plusieurs auteurs lui confèrent de véritables avantages dont :
    • Augmentation de la motivation, notamment par l’effet « grand écran » (Larose et Grenon, 2007);
    • Fonctionnalités techniques très utiles comme la sauvegarde qui permet de revenir sur le contenu vu précédemment (Jeunier et al., 2005) ainsi que le fait de pouvoir imprimer une leçon pour le groupe ou pour certains élèves plus spécifiquement (Glover et al., 2005);
    • Lorsqu’il a acquis une certaine aisance, l’enseignant peut utiliser le logiciel d’exploitation pour créer plus de matériel en moins de temps qu’auparavant (Gillen et al., 2007).
  • Les avantages sont également observables en mathématiques plus précisément, notamment:
    • Utilisation d’outils mathématiques (compas, rapporteur d’angle, papier millimétré, etc.) (Glover et al., 2005);
    • Permet de présenter une grande variété d’applets mathématiques (Miller et al., 2005);
    • Permet de visionner collectivement les traces des élèves (Chaptal et Puimatto, 2004);
    • Permet une ouverture sur des pratiques dites « collectives » (Chaptal et Puimatto, 2004).

 

  • Ce sont d’ailleurs ces pratiques collectives, soit l’interaction entre le maître et les élèves qui demeurent  l’élément essentiel dans le concept d’interactivité du TNI.  Ce n’est donc pas le nombre de fois où l’élève va toucher au tableau qui doit importer le plus, mais la quantité et surtout la qualité des échanges entre le maître et ses élèves ainsi que la réelle incidence qu’ont désormais ces derniers sur le cours de la leçon.  Au gré de leurs commentaires, de leurs questions, l’enseignant « construira » sa leçon au TNI, car rappelons-nous que tout ce qui se trouve au tableau est déplaçable, transformable, organisable… manipulable!
  • C’est d’ailleurs au niveau de la manipulation que le TNI représente un outil puissant.  Glover, Miller et Averis (2005), pour leur part, ont déterminé les principales manipulations qui peuvent avoir une incidence positive sur le processus enseignement/apprentissage lorsqu’elles sont combinées à des discussions riches.  Elles sont décrites dans le tableau suivant :
Manipulations Description
1. Le « glisser-déposer »

Lorsque l’on peut faire glisser un objet, une figure ou une image avec le doigt ou le stylet pour le déposer à un autre endroit sur l’écran.

Utile pour classer, regrouper, ordonner.

2. Le « cache-révèle » Cacher un élément de réponse ou un item important en le révélant uniquement au moment jugé opportun. Utile pour vérifier des hypothèses par exemple.
3. L'utilisation de la couleur, de l'ombrage et de la surbrillance Souvent utilisés pour mettre en évidence des similitudes ou des différences ou mettre de l’emphase sur des éléments importants.
4. Le « jeu des paires » Cet outil permet de pairer des items à l’instar d’un jeu de mémoire. Utile pour associer des fractions équivalentes, des équations et leurs solutions, etc.
5. La possibilité d'animation Les animations permettent de démonter des principes de façon plus visuelle ou d’illustrer des explications.
6. La « rétroaction immédiate »

Cette rétroaction peut provenir de l’enseignant,

de l’élève ou d’un logiciel et est habituellement une résultante des cinq autres manipulations.    

En même temps, il y a des pièges à éviter, notamment :

  • Reproduire simplement ce qui était fait au tableau vert traditionnel;
  • Délaisser le travail individuel ou en sous-groupe au profit d’un travail constant en grand groupe (Smith, 2001);
  • Le TNI est habituellement manipulé par un seul élève à la fois, ce qui laisse les autres dans un état plutôt passif  (Smith, 2001; Smith et al., 2005).

C’est par le biais des modèles de développement professionnel d’intégration des TIC que Geneviève a choisi d’adapter le modèle « LoTi » de Moersch (2001) à l’utilisation spécifique du TNI.  Parmi les modèles étudiés, c’est celui qui lui semblait être le plus approprié notamment parce qu’il était le seul à faire passer le focus de « l’enseignant-utilisateur » à « l’élève-utilisateur », ce qui assure une certaine cohérence avec le Programme de formation dans lequel l’élève doit utiliser lui-même la technologie dans la réalisation de ses tâches (Gouvernement du Québec, 2001).

Ce modèle en est un en « spirale » au sens où l’utilisateur ne sera pas considéré un « expert » seulement lorsqu’il aura atteint le dernier niveau de façon linéaire.  Dépendamment du contexte et du moment donnés, l’enseignant passera à travers les niveaux qui le caractérisent le mieux de façon cyclique.   Ainsi, il lui sera possible d’utiliser les manifestations des niveaux supérieurs pour bonifier ses pratiques.

Les niveaux sont brièvement décrits dans sa présentation prezi.

Enfin, Geneviève nous rappelle que ce qui est important de se rappeler, c’est que pour optimiser l’utilisation du TNI, l’enseignant doit accepter de laisser le tableau entre les mains des élèves, et ce, aussi souvent que possible.

Pour terminer, deux petites astuces :

  • La mise en place dateliers en classe (regroupements d'élèves autour d'une tâche au TNI isolés par un rideau pour éviter les distractions)
  • L'utilisation des souris et claviers sans-fil. Ce sont des dispositifs peu dispendieux qui permettent aux élèves d'interagir sur ce qui se passe au tableau…  directement de leur chaise!  Par conséquent, pourquoi  ne pas distribuer une souris à chaque équipe?  La classe devient une véritable communauté d’apprenants à l’intérieur de laquelle chacun a la chance d’intervenir.

Geneviève Allaire est maintenant conseillère pédagogique au service local du RÉCIT de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. 

Merci Geneviève pour ce partage!

 

Références bibliographiques

Chaptal, A., Puimatto, G. (dir.) (2004). Tableaux interactifs : État de l’offre et usages. Mission d’Observation et de Veille de l’ORME, CRDP d’Aix-Marseille, Mission de Veille Technologique et Industrielle du CNDP, Marseille, France.

Glover, D., Miller, D., Averis, D. et Door, V. (2005). The Interactive Whiteboard : A litterature survey. Technology, Pedagogy and Education, 14(2), 155-170.

Gouvernement du Québec (2001). Programme de formation de l’école québécoise. Éducation préscolaire. Enseignement primaire. Québec : Ministère de l’Éducation.

Jeunier, B., Camps, J.-F., Galy-Marié, E., Morcillo-Bareille, A. et Tricot, A. (2005). Expertise relative aux usages du tableau blanc interactif en école primaire. Rapport remis à la Direction de la Technologie/SDTICE, Ministère de l’Éducation Nationale dans le             cadre   du        projet   PrimTICE.         Document       téléaccessible à             l’adresse

<ftp://trf.education.gouv.fr/pub/educnet/chrgt/primaire/tbi/Etude_tbi_240...>

 

Miller, D., Glover, D. et Averis, D. (2005). Presentation and pedagogy : The effective use of interactive whiteboards in mathematics lessons. In D. Hewitt and A. Noyes (Eds), Proceedings of the sixth British Congress of Mathematics Education held at the University of Warwick, p. 105-112. Document téléaccessible à l’adresse <www.bsrlm.org.uk>

Moersch, C. (2001). Next Steps : Using LoTi as a Research Tool. Learning and Leading with Technology, 29(3), 22-27.

Larose, F. et Grenon, V. (dir.) (2007). Étude des motifs d’utilisation et des profils d’adoption de matériel scolaire informatisé (MDI) par des enseignantes et enseignants du primaire au Québec Rapport soumis à monsieur Robert Bibeau pour la Direction des ressources didactiques du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec.

Smith, H. (2001). Smartboad evaluation final report. Document téléaccessible à l’adresse http://www.kenttrustweb.org.uk/kentict/kentict_iwb_smart_final.cfm

Smith, H. J., Higgings, S., Wall, K. et Miller, J. (2005). Interactive whiteboards : boon or bandwagon? A critical review of the literature. Journal of Computer Assisted Learning, 21, 91-101.

 

L'université du Québec à Rimouski sera l'hôte du 83e Congrès de l'Acfas du 25 au 29 mai 2015.